Tchad : Ndjamena en colère après le viol filmé d’une jeune lycéenne

Nouvelle imageLundi,  des dizaines de personnes ont manifesté à Ndjamena pour dénoncer le viol d’une lycéenne et réclamer justice. Le cortège a marché du domicile de la famille de la victime jusqu’au parquet de N’Djamena avant d’être dispersé par la police à coups de gaz lacrymogène. Un lycéen aurait trouvé la mort, atteint par une balle. C’est devant le domicile de la famille de la jeune Zouhoura, la victime du viol que les manifestants se sont d’abord rassemblés pour appeler à la justice. Puis le cortège s’est dirigé vers  le parquet de N’Djamena, avant d’être dispersé par la police à coups de gaz lacrymogène, puis de tirs. Dans les heurts, un manifestant a été mortellement blessé.  Les jeunes manifestaient avec des pancartes appelant à la justice et scandaient des slogans du genre « Nous sommes tous Zouhoura », « Justice pour tous », « Ma dignité », etc. La jeune fille a été enlevée, séquestrée et violée la semaine dernière par des fils de dignitaires du pouvoir, dont deux généraux de l’armée.  Indignées après la diffusion sur Internet des images du viol, de jeunes femmes cadres, regroupées au sein de l’Association des femmes osant la réussite et le combat pour l’équité (Force), ont appelé au rassemblement devant le domicile familial de la jeune fille.
« On a voulu, de manière très spontanée, s’indigner de manière collective. On est allés devant le portail du domicile de la victime. Nous nous sommes retrouvés à quelques-uns au départ, et puis petit à petit le cercle s’est agrandi », relate Hayatte Ndiaye, la présidente de l’association Force. Les élèves du lycée où étudie la jeune fille décident alors de transformer le rassemblement en marche qui sera dispersée.

Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, s’est exprimé sur l’affaire. Sur la page Facebook de la présidence tchadienne, il a posté ceci : « C’est en père de famille, scandalisé, que je réagis, pour la première fois d’ailleurs sur Facebook, pour exprimer toute mon indignation suite à cet acte ignoble et innommable que des délinquants ont fait subir à la jeune Zouhoura. Je condamne fermement cet acte et rassure toutes les filles, toutes les mères, tous les jeunes, bref tous les tchadiens que justice sera rendue et que plus jamais cela ne se répètera. Je comprends vos peines, je les partage avec vous ».

Deux des cinq présumés violeurs auraient par ailleurs été arrêtés.

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